Jeff Manookian

Le chef d’orchestre international, Jeff Manookian a été invité à Boulogne pour célébrer le 10e anniversaire de l’orchestre symphonique Opal Sinfonietta. C’est aussi un effet heureux du jumelage avec la Plata qui procure trois concerts Franco-Argentins

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Pour consacrer le jumelage de Boulogne avec la Plata. Opal Sinfonietta a invité son fondateur (J-C. Grupalli), le quintete Escualo de la Plata et le chef d’orchestre Jeff Manookian.

Trois concerts en juillet avec Jeff. Dont deux à venir : à l’église Saint Michel (le 11), à Aix en Issart (le 18).

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« Le son que j’attendais »
Succès pour le premier concert donné à Saint Pierre (le 4), »Ce fut une délicieuse expérience pour moi » commente Jeff Manookian, « car je peux créer avec l’orchestre une œuvre qui se construit au fur et à mesure ». Une expérience qu’il apprécie car il ne connaît des orchestres lors de ses tournées qu’il ne dirige qu’une fois. ‘Alors je ne fais que passer ». Ici il apprécie la constance des relations qui se sont créées. Et le premier concert du 4 juillet lui a apporté des satisfactions : « l’orchestre et le chœur m’ont donné le son que j’attendais ». Un compliment dans la bouche de ce perfectionniste très doué.

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Américain des USA, il dirige depuis trois ans l’orchestre de la Province de Tucuman (Ouest d’Argentine). Il influence la politique artistique de la province. Il fait alterner les opéras, les ballets et la musique symphonique. Ses dons pour la musique le font exceller dans trois domaines, la direction d’orchestre, le piano, la composition. Le quatrième domaine est à l’avantage des élèves de la province auxquels il dispense son enseignement.

Le piano

Il connaît parfaitement l’œuvre de Gershwin, et compose régulièrement. Il aime à rappeler sa découverte de la musique lorsqu’il avait 4 ans. Son grand-père lui avait donné un piano (« un monstre » dit-il avec tendresse fort du recul des années). Et son premier professeur fut son cousin. Mais assurément une muse veillait sur son destin et il intègre rapidement une classe spécialisée.

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Les années passent et il devient au piano l’élève de Gladys Gladstone (élève et disciple d’Arthur Schnabel, de John Browning, de Jerome Lowenthal et de Leon Fleisher. Ses études avancées lui permettent de se présenter à un concours à l’âge de 13 ans. Il étonne le jury qui lui décerne le premier prix. Les années suivantes le confirment dans cette première place. « Je me rappelle du programme du premier concours ! Je devais jouer une étude de Liszt, un prélude de Rachmaninov, une suite de Bach ».

Gershwin

Je suis familier des œuvres de Gershwin, je lis ses partitions originales. J’en ai retrouvé une partie de quatre minutes de la main même de l’auteur. Evidemment inconnues de tous les publics. Lors du concert du 11 juillet, ce moment musical sera interprété dans l’église Saint Michel.

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La composition

Pendant ses études il se sent attiré par la composition. Son professeur, sagement, lui conseille « d’attendre au moins qu’il soit reçu à l’Université ». Ce qui n’est pas du goût du jeune élève impatient qu’il est. Jeff Manookian passe de longues heures à la bibliothèque de l’Université et explore les ouvrages qui traitent de cet art. Il avait déjà écrit un concerto pour piano alors qu’il avait 10 ans ! Après ses lectures, et à 16 ans il écrit un concerto pour flûte. Cette œuvre retient d’abord l’attention de la flûtiste d’un orchestre de jeunes qui le soumet à son chef. Il fut décidé de jouer le concerto. Déjà une première émotion, mais le chef… alors qu’il entame les premières mesure interrompt le concert et invite Jeff à diriger à sa place et lui transmet sa baguette ! « Je n’avais jamais fait çà… pourtant je me tirais parfaitement de ce défi ! ». Faut-il préciser que cette année là il gagna le concours de composition ?

Le tour du monde

Jeff Manookian, parallèlement, poursuit une carrière de concertiste. Il a animé les pianos de nombreuses salles à travers le monde : Paris, Bruxelles, Vienne, Prague, et dans d’autres pays : USA, Mexique et Amérique du Sud. Et tout naturellement on comprend que l’Arménie soit une de ses destinations préférées. En 2010 il espèrel a Chine. Mais cette année… Boulogne !

Les boulonnais auront la chance, grâce à Opal Sinfonietta, de l’entendre en l’église Saint Michel samedi 11 juillet à 21 h 00. Il jouera Gershwin (avec les quatre minutes originales). Il dirigera l’orchestre à Aix en Issart le samedi 18 juillet (à partir de 21 h 00). Un privilège que goûteront les amateurs et amoureux de la musique.

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Juan Carlos Grupalli

« JUAN CARLOS GRUPALLI »
« BIOGRAPHIE »

Juan-Carlos Grupalli est né à Buenos Aires. Après de solides études de violon, avec son père, puis avec le maître José Lépore, il apprend l’harmonie et la composition.

Les premières années de violoniste et d’altiste le conduisent à se produire au sein des orchestres professionnels argentins. A l’âge de cinquante ans, il quitte l’Argentine et, après un séjour d’un an à Paris, se fixe en Australie où différents orchestres symphoniques l’engagent.

Dix ans plus tard c’est le retour en Europe : orchestres de Malaga, de Paris. En 1987 il se met au service de sa patrie et est nommé conservateur du musée général San Martin à Boulogne-sur-mer. Il y restera jusqu’à son départ à la retraite en 1999. Il fonde l’orchestre Opal-Sinfonietta en 1998 et retourne ensuite à San Miguel de Tucuman en Argentine.

Parallèlement à cette carrière de musicien actif, d’homme passionné par son pays et de grand Humaniste, il jalonne sa vie par la composition de nombreuses œuvres pour musique de chambre, orchestre et chœur.

On peut souligner l’ampleur de ses œuvres : deux concertos pour violons, un concerto pour piano, un concerto pour violoncelle, trois symphonies, des divertimentos pour orchestre, compositions pour guitare, poèmes pour chœur et orchestre dont celui dédié à la ville de Sarajevo…

Sa musique se caractérise par un mélange réussi des sonorités argentines et de style français. Le lyrisme de ses mouvements lents émeut toujours, ses allégros sont empreints de liberté, de gaieté. Les plus grands musicologues français rendent un hommage appuyé à son style remarquable.

L’orchestre qu’il a créé s’est fait un honneur et un plaisir de porter devant des publics divers ses dernières compositions : durant le mai argentin en 2005 au cours duquel fut présenté le deuxième concerto pour violon et orchestre, avec le soliste Guillaume Barli (violoniste) ; en tournée en Argentine (sept concerts en 2006) à la Plata, Buenos Aires, S.M. de Tucuman, Tafi Viejo, Concepcion., et bien évidemment à Boulogne-sur-mer.

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